Au coeur d’une maternité

C’est une remarque d’une amie venue nous rendre visite à la maternité qui m’a interpellée : « c’est marrant, c’est hyper calme ici, je pensais que ça allait hurler de partout avec tous ces nouveaux-nés. » Et effectivement, il règne un calme étrange durant la journée. Mais ne vous y fiez pas : la maternité se réveille la nuit !!!!!!!! Le service maternité est à l’hôpital ce que Mister Hyde est à Docteur Jekkyll (pas sure que cette phrase soit très compréhensible, mais vous comprenez le principe …)

DANS LA CHAMBRE

Le jour : la chambre est un endroit qui sent bon le bébé, où sages-femmes, infirmières, puéricultrices passent régulièrement pour vérifier que tout va bien. Et tout va toujours très bien. Les visites s’enchainent dans le calme et la bonne humeur. Entre deux dodos, un câlin ou un biberon suffit à calmer babychou et à le rendormir. Il passe de bras en bras sans moufter et on entend que des exclamations enthousiastes « qu’est-ce qu’elle est calme ! Elle a l’air tellement sereine. Roh ça c’est un bébé cool, vous en avez de la chance ! »

Ah ah ah.

La nuit : dans toutes les chambres, les nourrissons se réveillent. Les premiers grognements, qu’on pourrait presque trouver mignons, se transforment en hurlements stridents au bout de quelques minutes.

Leurs visages, habituellement doux et paisible se contorsionnent en des grimaces qui me font irrémédiablement penser …. aux gremlins ! 660px-Gremlins3rsz2

On a l’impression qu’ils se sont donnés le mot pour nous offrir un magnifique concerto (en canon s’il vous plait !). C’est un récital de pleurs, du plus grave au plus aigu (les cris de la mienne se rapprochent plutôt des grincements de porte trèèèèès aigus). Les petits se font leurs cordes vocales, et ni les berceuses, ni les câlins, ni les biberons n’arrivent à les calmer. Les parents finissent dans les couloirs hagards (voir ci-dessous)

 

– DANS LES COULOIRS

Le jour : on voit des mamans en pleine forme qui racontent avec émotion leur accouchement aux proches venus les voir ou des papas qui, fiers comme des paons, font des selfies avec leur progéniture. Ça papote, ça rigole, ça gazouille, ça siestouille.

La nuit : ça devient zombieland. Des mères et des pères épuisés, zombiehagards, errent dans les couloirs en poussant leur berceau. Mine défaite, yeux cernés, ils effectuent leur 42me tour de couloir et sont à deux doigts d’abandonner leur enfant devant la machine à café (avec 10 euros pour celui qui le récupérera, de quoi lui offrir quelques cafés serrés).

 

 

Parfois, les zombies se réveillent quand il y a un créneau auprès zombies-shaundes sages-femmes pour qu’elles puissent garder leur bébé pendant la nuit. Et là, accrochez-vous c’est la course des berceaux. Coups de pieds, croches-pattes, tirages de cheveux TOUS LES COUPS SONT PERMIS entre parents épuisés pour arriver en premier et gagner son passe pour la nuit. (entendre 4h de sommeil DE SUITE, la plus belle des récompenses).

 

– DANS LA NURSERY

Le jour : le matin ce sont les soins. Mamans et papas se retrouvent donc à la nursery pour le change, le soin du cordon, et éventuellement le bain. On compare l’implantation capillaire de nos bébés, leur poids, leurs orteils et leur tonicité … Le nôtre a des supers réflexes d’après le pédiatre ? On est super fiers.. Jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il dit ça à tout le monde ! (oui mais nous, elle a réussi à attraper son pouce, et toc !)

Après la nuit que chacun vient de passer, il règne une certaine solidarité entre les parents. Personne ne juge les cernes, le pyjama informe, les cheveux en bataille pleins de lait des autres. Il existe un vrai esprit de camaraderie et, oui, j’ose le dire de fraternité.

Jusqu’à ce qu’elle passe la porte. Elle ? La nana qui a perdu tous ses kilos de grossesse en 24h, qui porte une petite nuisette sexy et qui est maquillée comme si elle se rendait aux oscars. Les papas se retournent sur elle, les mamans grincent des dents. A partir de là, c’est chacun pour soi. Circulez y a rien à voir ! On rentre dans notre chambre, en trainant des savates et en rentrant le ventre…

Désarroi dans la nursery

La nuit : c’est le calme plat. Les tables à langer sont vides : on nous a conseillé de ne pas changer les bébés durant la nuit. Officiellement ce serait pour les aider à distinguer le jour et la nuit. Mais, entre nous, je soupçonne que ce soit pour les laisser un peu dans la merde… Une (petite) vengeance de parents épuisés !

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Le premier jour du reste de ma vie …

Malgré la séance d’acupuncture et mes cours de yoga prénatal, babychou ne s’était pas retourné (vous saurez pourquoi à la fin de l’article. Quel teasing !). Une césarienne avait donc été programmée le 19 décembre, le premier jour du reste de ma vie.

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J-2 : veille de rentrer à l’hôpital – dernière soirée en amoureux à deux, et pour moi, premier verre de vin* depuis 9 mois. Je suppose que babychou est bien formé à ce stade et il faut bien fêter la naissance à venir et notre dernier restaurant avant un certain temps. L’occasion aussi de prendre une dernière photo de mon bidou …

 

*Alors que mon mec me dit :

– Mais tu es folle de mettre une photo de toi enceinte avec un verre de vin !

– Ben c’est bon, les gens vont pas appeler la SPA !

– Euh tu voulais peut-être dire la DASS ?

J-1 : rendez-vous à 16h30 à l’hôpital. Le stress monte pendant la journée. Je vérifie 12 fois la valise de maternité et rajoute invariablement bodies et pyjamas. Je fais les 100 pas dans l’appart (bel entrainement pour les nuits blanches à venir lorsque je bercerai babychou) et attends. Il est 11h. J’attends.Il est 11h03. J’attends. Il est 11h08. J’attends. Il est 11h11. Bref, j’attends. Et c’est loooooooooong.

Et puis, le temps finit par s’écouler. C’est le moment d’appeler le taxi. On ferme la porte de l’appartement. La prochaine fois qu’on passera le pas de la porte, on sera trois.

Sur le chemin, dernier plaisir coupable : on demande à notre chauffeur de mettre Nostalgie pour que babychou soit dans un environnement qu’il connait.

Il nous dépose devant l’hôpital. Dernière photo souvenir ….

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L’admission se fait assez rapidement et là premier  miracle : J’AI UNE CHAMBRE SEULE !!!!!!!!!! On prend nos appartements, et futur papa se dépêche de vider les valises et de tout ranger dans les placards au cas où ils changent d’avis ! Résultat, 5 minutes plus tard, on a l’impression que je suis installée depuis 1 semaine (j’ai même mon calendrier de l’avent accroché au mur !)

Après quelques examens de routine, on me sert mon plateau repas à 18h30. Le dernier avant trèèèèèèèès longtemps. Futur papa part vers 21h, je me plonge dans un polar en espérant trouver le sommeil. Et je finis pas le trouver. (en revanche, je ne saurai jamais qui est l’assassin : autant vous dire que je n’ai pas eu le temps de le rouvrir depuis !)

The D Day :

6h30 : réveil par la sage-femme, prise de sang et monitoring de contrôle. Petit coup de stress : les battements du cœur sont à 60, la sage-femme panique, demande une echo et me parle de césarienne d’urgence. En fait, c’était MES battements. Fausse alerte donc mais vraie frayeur. Cela fait 11h30 que je suis a jeun.

7h : je vais prendre ma douche à la bétadine et enfile ma tenue de gala : slip jetable, blouse ouverte derrière. Babychou, je serai la plus belle pour te rencontrer. Cela fait 12h que je suis a jeun.

7h12 : je suis prête

8h : Futur papa arrive. on nous annonce qu’on passera plutôt en fin de matinée. L’attente va être longue. Cela fait 13h que je suis a jeun.

11h : pas de nouvelles. On s’occupe comme on peut (jeux de cartes, télé, bouquinage, siestes). Cela fait 14h que je suis a jeun.

12h : on nous annonce qu’il y a eu des urgences. Je devrais passer au bloc vers 14h. On conseille au papa d’aller manger. Il a la délicatesse de se sustenter DEHORS. Cela fait 15h que je suis a jeun.

14h : une sage-femme passe une tête « on ne vous oublie pas hein, mais c’est un peu compliqué aujourd’hui. Elles ont toutes décidé d’accoucher en même temps ! » (« oui mais moi j’avais réservé ! » :-)). Cela fait 17h que je suis a jeun.

15h : on frappe à la porte. C’est le brancardier. Oh mon Dieu, c’est maintenant. JE NE VEUX PLUS Y ALLER !!!!!! Cela fait 16h que je suis a jeun

15h55 : je rentre au bloc.

16h00 : le futur papa me rejoint.

16h06 : j’entends son premier cri. Gabrielle est née. Nous sommes parents.

AVERTISSEMENT : pour des raisons d’intimité je ne rentrerai pas dans les détails des heures qui ont suivi. Autant je peux parler slips jetables et désagréments post-opératoires, mais là, un peu de pudeur, que diable ! (et pour l’anecdote je serai restée 29h à jeun et la princesse ne s’était pas retournée car son cordon était un peu court)

J+1/2/3/4 : les jours qui ont suivi à la maternité se sont entrecoupés de divers examens, visites de la famille, soins de bébé, siestes, cours pratiques (bain, change … etc). J’en profite d’ailleurs pour remercier toutes les équipes de l’hôpital franco-britannique (médecins, sages-femmes, puéricultrices, infirmières… ) qui ont été formidables.

Et puis un jour, on m’a dit que je pouvais sortir.

J+4 : Allez ma Gaby, la vie est devant toi …. Ça va être chouette tu verras !

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